Anne Wiazemsky – Mon enfant de Berlin
Anne Wiazemsky – Mon enfant de Berlin
Gallimard – 2009 - 248 pages
Anne Wiazemsky pioche une nouvelle fois dans la riche saga familiale pour trouver l’inspiration nourrissant un nouveau roman. Il y avait eu l’histoire compliquée du père, aristocrate russe dont la famille affronta la révolution bolchevique et ses horreurs pour se réfugier « Aux quatre coins du monde ». Maintenant il s’agit de Claire, la mère, fille de François Mauriac, alors écrivain connu de tous. Le récit commence lors de la seconde guerre mondiale et prend véritablement corps à Berlin dans l’immédiat après-guerre, alors que l’héroïne s’est engagée dans la Croix Rouge française.
Cet engagement commence tout d’abord dangereusement, en relais secret de la Résistance dans une France occupée. L’exaltation n’en est pas moins intense et Claire s’y donne entièrement, sortant définitivement de l’enfance et y gagnant son indépendance vis à vis de sa famille. Cette indépendance chèrement acquise est cependant vite menacée par sa condition de fille de bonne famille dont la vocation se limiterait au mariage. Lucidement elle rompt des fiançailles hâtivement conclues lors du conflit en prenant prétexte du départ pour Berlin.
Dans les ruines de l’Allemagne vaincue, la mission est de venir en aide à tous les Occidentaux emportés loin de leur pays par les évènements. Qu’ils soient prisonniers de guerre, Alsaciens enrôlés de force, victimes du STO ou survivants des camps, la tâche est immense tant la misère humaine est répandue dans l’Europe dévastée. Claire a rejoint un groupe de jeunes gens composé de plusieurs nationalités réunis à l’étranger pour une mission commune. Loin de leurs familles et des préjugés sociaux, les liens se tissent, renforcés par l’adversité et les atrocités qu’il leur faut affronter solidairement. C’est là que Claire rencontre celui qui deviendra son mari et lui donnera cet enfant de Berlin.
L’écriture parfois un peu naïve est rythmée par les lettres de Claire à ses parents, utilisant des formules aujourd’hui surannées mais plantant bien le décor. Entre les lettres, le roman vient se glisser pour remplir les vides, alimenté par les souvenirs. L’auteur raconte et invente sa propre vie avant sa naissance, se glissant à la place de sa mère pour décrire les sentiments complexes que provoque sa rencontre avec un prince russe déchu.
Les limites romanesques sont largement compensées par la dimension documentaire que contient l’ouvrage. Sur le plan historique cela donne un témoignage très humain des difficiles conditions de survie dans une Allemagne en ruines. La guerre ne s’y est pas arrêtée le 8 mai 1945 mais pendant de longues années a continué de tourmenter les populations. On y voit aussi le mouvement d’émancipation des femmes à travers leur rôle dans les différents aspects du conflit et qui naturellement se concrétisa par la reconnaissance du droit de vote par le gouvernement du Général de Gaulle. Claude Mauriac, le frère de Claire, fut d’ailleurs un collaborateur du chef de la France Libre, Anne Wiazemsky y puisera peut-être l’inspiration d’un prochain ouvrage.
Fruits : abricot*, cerise, citron*, figue*, fraise*, framboise, groseille*, melon*, pastèque*, pêche, rhubarbe*
Légumes :artichaut*, asperge, aubergine*, betterave*, carotte*, concombre*, courgette*, cresson*, épinard, fève*, haricot vert*, laitue*, oseille*, petit pois*, pomme de terre*, radis*
Champignons : cèpe, girolle*, lépiote
Poissons : anguille*, bar*, crabe*, daurade*, écrevisse*, hareng*, homard*, langouste*, lotte, merlan, perche, raie*, sandre*, sole*, thon*, truite*
Viandes : agneau, canard, lapin, pintade*, poule, poulet*, sanglier*, veau*
Aromates : aneth, basilic, ciboulette, coriandre, laurier, marjolaine, menthe, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym