Louis Hémon – Maria Chapdelaine
Louis Hémon – Maria Chapdelaine
Boreal – 1916 - 201 pages
Maria Chapdelaine est souvent célébré comme l’un des romans fondateurs de la littérature québécoise. Pourtant il fut écrit par un Français et destiné à être publié en France. Né à Brest en 1880, Louis Hémon s’est installé à Londres en 1903 avant de quitter sa femme et sa fille pour partir au Canada en 1911. Là il travaille dans une ferme de la région du Lac Saint Jean, au plus profond du Québec en cours de défrichement. En 1914, Maria Chapdelaine est publié en feuilleton par le journal parisien Le Temps, en 1916 il sort en librairie. Entre-temps, Louis Hémon a été heurté mortellement par un train dans l’Ontario.
La disparition précoce de l’auteur a peut-être joué un rôle dans l’appropriation de l’œuvre par le mouvement nationaliste qui en a rapidement donné une interprétation très orientée, alors que l’intention originelle semblait plus proche du naturalisme. Louis Hémon s’attache à décrire son expérience à travers la vie laborieuse d’une famille de Canadiens défricheurs de nouvelles terres, allant d’un lot à l’autre, toujours plus au Nord. Un peu comme lui-même, vivant dans son troisième pays. L’attention se concentre sur Maria, la jeune fille de la maison, courtisée par plusieurs soupirants qui représentent chacun le choix d’une vie différente. Il y a François Paradis, le héros de son cœur, grand coureur des bois, puis Lorenzo Surprenant qui s’est installé dans le confort d’une ville des Etats Unis, enfin Eutrope Gagnon, le voisin travaillant rudement à défricher sa propre terre.
Maria reste longtemps hésitante, mais deux décès vont l’amener à décider de sa vie. Tout d’abord la mort tragique de celui qu’elle aimait, cela lui permet de choisir son mari non pas sous le coup de la passion, mais selon la raison et en fonction de la vie qu’elle désire. Ensuite sa décision se prend dans un grand souffle lyrique intérieur venant après l’émotion de l’agonie de sa mère. Dans la nuit de veillée qui suit, son devoir se révèle et elle y adhère pleinement. Certes la vie à la lisière de la forêt et de la civilisation est dure mais la nature sait aussi se montrer si belle. La langue française, les jolis noms de lieu, les chansons d’ici, tout cela serait perdu parmi les étrangers parlant une autre langue. Alors prenant conscience des trois cents ans d’efforts légués par ses ancêtres, elle voit que si « au pays de Québec rien n’a changé. Rien ne changera », cela tient à la détermination de ses habitants. Maria à son tour restera.
Le livre connut un grand succès en France, au Québec ce fut un triomphe. Entre les deux guerres mondiales, la droite française en faisait une lecture de référence, brandissant le refus de se laisser dominer par une culture étrangère de même que lui convenait la stabilité d’une société composée de familles paysannes encadrées par un clergé catholique traditionnel. Au Québec les Souverainistes se plurent à citer les passages qui valorisent la permanence des traditions reçues des ancêtres et qui survivent à l’arrivée ultérieure des étrangers. Comme l’explique Louis Hémon, les Québécois de souche se considèrent comme les seuls Canadiens, les autres, ce sont des Anglais, des Français ou des Sauvages. Ces explications didactiques confirment bien que l’intention de l’auteur était avant tout d’expliquer à ses lecteurs ce qu’il découvre de ce nouveau pays encore mal connu et non pas de rédiger la thèse politique qu’on en fit.
Maria Chapdelaine fut plusieurs fois adapté à la télévision et au cinéma, ses interprètes furent successivement Madeleine Renaud, Michèle Morgan, Carole Laure. De quoi amplifier le mythe, faisant de l’héroïne une figure symbolique du Québec, de sa lutte constante contre les forces de la nature et de sa volonté d’exister dans un monde qui s’est organisé sans lui.
Fruits : abricot*, cerise, citron*, figue*, fraise*, framboise, groseille*, melon*, pastèque*, pêche, rhubarbe*
Légumes :artichaut*, asperge, aubergine*, betterave*, carotte*, concombre*, courgette*, cresson*, épinard, fève*, haricot vert*, laitue*, oseille*, petit pois*, pomme de terre*, radis*
Champignons : cèpe, girolle*, lépiote
Poissons : anguille*, bar*, crabe*, daurade*, écrevisse*, hareng*, homard*, langouste*, lotte, merlan, perche, raie*, sandre*, sole*, thon*, truite*
Viandes : agneau, canard, lapin, pintade*, poule, poulet*, sanglier*, veau*
Aromates : aneth, basilic, ciboulette, coriandre, laurier, marjolaine, menthe, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym