Philippe Claudel - Le rapport de Brodeck
Philippe Claudel - Le rapport de Brodeck
Stock - 2007 - 401 pages
Dans un petit village isolé, aux confins du pays, un meurtre collectif est commis. Brodeck, modeste agent forestier, se voit charger d’en raconter l’histoire, de l’expliquer pour en disculper le village. Tout d’abord réticent devant cette mission qu’il pressent pleine de menaces, Brodeck une fois lancé déborde très rapidement de son sujet et se met à raconter toute une vie d’épreuves et de drames.
Orphelin très jeune, il est recueilli parmi les ruines par une autre réfugiée sur la route de son exil. Devenu jeune homme, il est envoyé à la capitale pour rapporter quelque savoir au village qui les a recueilli, il y subit l’humiliations de sa modeste condition d’étudiant pauvre. La guerre survient, puis l’occupation, le village le dénonce alors pour ses origines étrangères, le jetant dans l’enfer des camps de concentration. Il y survit dans l’abjection et revenant chez lui découvre son épouse enfermée dans la folie à la suite d’un viol collectif.
Il n’y a pas de nom de ville, pas de nom de pays, mais le dialecte aux vocables germaniques ne trompe pas, il est aisé de deviner l’Allemagne nazie. Cependant le récit se veut plus universel, sa portée ne se limite pas aux évènements d’Europe au 20° siècle, il vaut pour tous les continents et toutes les époques. Le Cambodge des Khmers Rouges, le Darfour, la Birmanie, le Tibet ne sont pas cités mais on y reconnaîtrait les mêmes drames. Il serait trop confortable de croire que l’horreur n’appartient qu’au passé, elle est aussi contemporaine.
Philippe Claudel dépeint les faiblesses de l’être humain et des sociétés qu’il a bâties. La peur et l’ignorance engendrent la haine et l’intolérance, l’individu pris dans la foule se laisse emporter par l’entraînement collectif et commet ce qu’il n’aurait pas fait seul. Il y a peu entre la victime et son bourreau dont les destins interchangeables bifurquent un jour de hasard. L’ami d’hier se retrouve irréversiblement dans l’autre camp, infligeant la souffrance pour tenter d’y échapper lui-même.
L’espoir d’un monde meilleur apparaît pourtant faiblement. La beauté des fleurs, la splendeur des paysages, l’inépuisable vie des forêts et des ruisseaux viennent souvent en contre-point des tourments des hommes. Pour ceux qui les perçoivent ils procurent un refuge et une barrière contre les mauvais instincts de l’être humain. Semer un peu de beauté, répandre un peu de savoir, voilà les bien modestes outils dont peut se servir le Bien. Il est réconfortant de voir que les jeunes jurés du prix Goncourt des lycéens y ont été sensibles et ont décerné leur prix en 2007 au rapport de Brodeck.
Fruits : abricot*, cerise, citron*, figue*, fraise*, framboise, groseille*, melon*, pastèque*, pêche, rhubarbe*
Légumes :artichaut*, asperge, aubergine*, betterave*, carotte*, concombre*, courgette*, cresson*, épinard, fève*, haricot vert*, laitue*, oseille*, petit pois*, pomme de terre*, radis*
Champignons : cèpe, girolle*, lépiote
Poissons : anguille*, bar*, crabe*, daurade*, écrevisse*, hareng*, homard*, langouste*, lotte, merlan, perche, raie*, sandre*, sole*, thon*, truite*
Viandes : agneau, canard, lapin, pintade*, poule, poulet*, sanglier*, veau*
Aromates : aneth, basilic, ciboulette, coriandre, laurier, marjolaine, menthe, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym