Philippe Labro – Des cornichons au chocolat
Philippe Labro – Des cornichons au chocolat
JC Lattès – 1983 / 2007 – 251 pages
« Des cornichons au chocolat » montre la vie à travers le regard de Stéphanie, une fillette de 13 ans au bord de l’adolescence, en 1983.
Cela rappelle le ton rafraîchissant de « La vie devant soi » d’Emile Ajar, roman publié sous ce pseudonyme par Romain Gary. La ressemblance ne s’arrête pas là. Lors de la publication initiale, Stéphanie était présentée comme un auteur précoce, dont on pressentait qu’il ne s’agissait en réalité que d’un nom de plume dissimulant le véritable rédacteur. Comme toujours dans ces cas-là, l’énigme attire les curieux. Ainsi lorsque le prix Goncourt fut attribué à Emile Ajar, il fut finalement révélé que Romain Gary venait d’obtenir par ce stratagème un deuxième Goncourt, ce qui contrevenait avec les règles d’obtention du prix littéraire.
Stéphanie a rencontré un grand succès, mais probablement plus chez les adolescentes des années 1980 qu’auprès des jurés littéraires. La curiosité est retombée depuis longtemps. Et voilà que l’on apprend, vingt ans plus tard, que celui qui se cachait derrière le regard de la fillette, n’était autre que le talentueux Philippe Labro. Ecrivain confirmé qui à l’époque trouvait ce roman trop à l’écart du reste de son œuvre pour le publier sous son nom. Depuis sa bibliographie s’est étoffée et maintenant il devient possible de lui trouver une cohérence. Stéphanie vient rejoindre « Manuella » dans ce regard féminin porté sur la vie, en contrepoint des romans grandement autobiographiques ayant assuré l’essentiel du succès de Philippe Labro.
Il y a vingt ans et c’est déjà de la préhistoire, une vie d’avant les téléphones portables et les messageries internet. Et pourtant les Stéphanie d’aujourd’hui continuent de se reconnaître dans cette histoire. L’angoisse, la solitude, le sentiment de ne pas être aimée restent les mêmes. Les réactions aussi, que ce soit les désordres alimentaires ou les fugues. Chaque temps de la vie connaît ses problèmes. Ceux du passage à l’adolescence peuvent être tout particulièrement éprouvants et laisser de mauvais souvenirs.
Alors il ne faut pas s’étonner que les lectrices de la première vague se montrent dans l’ensemble déçues d’apprendre la vérité sur l’auteur. A l’époque, elles y avaient cru ou voulaient y croire. Ce journal racontait leur vie et elles s’y retrouvaient, elles pouvaient mettre des mots sur leur embarras et probablement y ont trouvé un réconfort en voyant leur mal partagé. Mais le temps a passé, leurs vies ont changé et les tourments sont aujourd’hui oubliés ou refoulés. Philippe Labro risque de faire les frais de ce revirement. Pourtant, bien qu’un peu daté sous certains aspects pratiques, le journal de Stéphanie peut continuer d’accompagner plus d’une lectrice sur le court mais douloureux sentier qui la mène de l’enfance à l’adolescence.
Fruits : abricot*, cerise, citron*, figue*, fraise*, framboise, groseille*, melon*, pastèque*, pêche, rhubarbe*
Légumes :artichaut*, asperge, aubergine*, betterave*, carotte*, concombre*, courgette*, cresson*, épinard, fève*, haricot vert*, laitue*, oseille*, petit pois*, pomme de terre*, radis*
Champignons : cèpe, girolle*, lépiote
Poissons : anguille*, bar*, crabe*, daurade*, écrevisse*, hareng*, homard*, langouste*, lotte, merlan, perche, raie*, sandre*, sole*, thon*, truite*
Viandes : agneau, canard, lapin, pintade*, poule, poulet*, sanglier*, veau*
Aromates : aneth, basilic, ciboulette, coriandre, laurier, marjolaine, menthe, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym