Philippe Labro – Les gens
Philippe Labro – Les gens
Gallimard – 2009 - 452 pages
Une jeune fille que l’on jette dans un fossé depuis l’arrière d’un camion et le livre est lancé. Philippe Labro sait que pour capter l’attention du lecteur il faut raconter une bonne histoire et pour cela il s’y connait. Reprenant ses vieilles recettes il commence par situer l’action dans l’Ouest américain, retrouvant les accents de ses meilleurs succès, « L’étudiant étranger » et « Un été dans l’Ouest ». Mais il serait naïf de penser que le livre n’est que cela, une bonne histoire. On y trouve beaucoup plus.
Il y a trois personnages dont les trajectoires vont bien sûr se croiser : Maria, celle du camion ; Marcus Marcus, une star de la télévision française ; Caroline, une jeune femme parisienne un peu perdue. Philippe Labro nous promène donc entre les Etats Unis et la France, ses deux pays de prédilection. Nous suivons ses personnages, ils nous servent de guides à travers la bonne société, celle de San Francisco et surtout celle de Paris. Ils vont servir de révélateur à la comédie de la vie en société qui s’y joue.
Les représentants des médias et particulièrement de la télévision constituent la cible privilégiée, c’est le petit monde de Philippe Labro. « Les gens », ce sont les « people », ce microcosme auquel il appartient depuis de longues années et qu’il connait si bien. Il s’y glisse probablement un bon nombre de portraits à charge ou à clef. Quelques règlements de compte aussi. L’auteur déverse son carnet de notes, où sont précieusement collectionnés les néologismes, les tournures ou les tics de langage, les modes et les gadgets, certains restent d’autres passent. Les historiens en retrouveront la trace dans les livres de Philippe Labro.
Pour généraliser, que ce soit dans le microcosme ou tout simplement dans le plus reculé des villages, chacun joue un rôle et se montre aux autres diffèrent de ce qu’il est vraiment. Il est donc dommage de vouloir railler systématiquement « les gens » parce qu’ils seraient faux, snobs ou dissimulateurs. Ce n’est pas le plus intéressant. Il faudrait percer l’apparence pour découvrir et mettre en valeur ce qui est la force de chacun, son talent réel ou caché. Car une existence ou le succès ne peuvent se construire uniquement sur l’apparence, celle-ci ne fait que les habiller. Philippe Labro va bien au-delà du jeu de rôle de chacun mais s’emploie plutôt à rechercher ce qui est la ligne de brisure, ce qui expliquerait les comportements, les dissimulations, les déviations. Plutôt que de mettre en évidence la force des êtres, il en montre la faiblesse.
Il faut tout de même regretter de trouver beaucoup de grossièreté tout au long des pages. S’agit-il de rendre les personnages plus crédibles en leur faisant tenir des propos orduriers ? S’agit-il de faire fi des tabous et de la bienséance ? Le talent de Philippe Labro peut amplement se passer de ces bagages encombrants pour nous emmener dans l’Ouest, encore une fois.
Fruits : abricot*, cerise, citron*, figue*, fraise*, framboise, groseille*, melon*, pastèque*, pêche, rhubarbe*
Légumes :artichaut*, asperge, aubergine*, betterave*, carotte*, concombre*, courgette*, cresson*, épinard, fève*, haricot vert*, laitue*, oseille*, petit pois*, pomme de terre*, radis*
Champignons : cèpe, girolle*, lépiote
Poissons : anguille*, bar*, crabe*, daurade*, écrevisse*, hareng*, homard*, langouste*, lotte, merlan, perche, raie*, sandre*, sole*, thon*, truite*
Viandes : agneau, canard, lapin, pintade*, poule, poulet*, sanglier*, veau*
Aromates : aneth, basilic, ciboulette, coriandre, laurier, marjolaine, menthe, origan, persil, piment, romarin, sauge, thym